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Qu est-ce qu être Français??

Publié le 26 octobre 2009, pas de réactions

Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, Eric Besson, a annoncé dimanche le lancement d’un “grand débat sur l’identité nationale” destiné à renforcer les “valeurs républicaines”, jugeant à cet effet que la burqa était “inacceptable” et “fondamentalement contraire aux valeurs de l’identité nationale”.

Devant le raccourci “burqua- identité nationale” je ne puis m’empêcher de réagir à chaud:

En effet, je ne savais pas que c’est le code vestimentaire qui définit ce qu’est d’être Français! Devrais-je ressortir mon berret et porter une baguette sous le bras?

Allemande par le passeport, Française et Algérienne de coeur depuis 30 ans, je ne colle ni dans la case “Française”, ni dans celle d’”Algérienne”, ni plus dans celle d’ “Allemande” , mais je me définis comme Européenne et citoyenne du monde - mon Dieu, que vais-je devenir??

Une fois qu’on aura défini ce qu’est “être Français” , la suite sera: “la France aux Français et organisons des charters” ?? ça me rappelle des souvenirs……..

Quant à la burqua, elle est une atteinte à l’identité des femmes, Monsieur le ministre, et non à l’identité nationale !

Barbara Abdelilah- Bauer

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Si je suis “fière” d’être française quand il s’agit de véhiculer et défendre les valeurs des lumières, celles humanistes, qui s’appuient sur l’esprit critique, de curiosité et un sens aigu de l’éthique, je suis bien souvent mitigée et étrangère à mon identité officielle quand il s’agit des modèles d’intégration à la française et la si petite place faite à la diversité. Les signes ostentatoires d’appartenance communautaire, moi, ça ne me dérange pas.

Je suis moins choquée par quelqu’un qui assume ses racines et origines - à condition bien entendu que ce ne soit ni prosélyte ni exclusif - que par quelqu’un qui cherche à gommer les différences, uniformiser et nier toute identité. Quel modèle d’humanité vise-t-on à produire, pire encore à stigmatiser et éliminer…

De là à faire l’amalgame entre ceux-ci et la burqa, encore une fois, on mélange tout pour éviter de réfléchir, accueillir, s’ouvrir au monde et aux autres ! Pour le coup, je rejoins Barbara et sa brillante remarque sur “l’affront à l’identité de la femme” et non à “l’identité nationale” !

“I have a dream” : un débat sur “l’identité nationale”, qui soit l’occasion de souligner la diversité de nos concitoyens, celles de nos familles, parents, enfants. Un souffle de vie et non un relent de conservatisme et protectionnisme…

Barbarah Garcia Auer, Nantes

Suivez l actualité du bilinguisme et des familles bilingues

Publié le 17 septembre 2009, pas de réactions

sur les pages d’enfantsbilingues.com et de cafébilingue.com

TO BE OR NOT TO BI -BILINGUE !

Publié le 21 février 2009, pas de réactions

Enfant, j’aurais tellement voulu être comme tous les autres: avoir le français comme seule langue et des grands-parents vivant dans la Sarthe! Moi, j’étais née en France dans les années 80, mais mon père est Roumain et ma mère Allemande. Et je me rappelle avoir mal supporté d’être différente, car trilingue!
Mes parents sont arrivés en France dans les années 70, ils m’ont toujours parlé dans leurs langues respectives. J’ai appris à parler français à la maternelle, c’est d’ailleurs vite devenu ma langue principale.
Mon prénom et mon nom de famille bizarres ont suffi pour qu’à l’école je sois estampillée comme “étrangère”. Je n’ai jamais réussi à décrocher une bonne note en français, pourtant
j’ai toujours aimé écrire! Comme je n’étais pas forte en orthographe, comme beaucoup de Français, la prof de français a convoqué mes parents pour leur conseiller d’arrêter “d’embrouiller” leur fille avec “toutes ces langues”!
Je voudrais qu’aucun enfant de France ne souffre cette sensation d’être une personne de seconde zone, de ne pas pouvoir réussir à l’école parce qu’il a des langues en plus ou un nom français en moins!
J’aurais tant aimé avoir l’occasion de rencontrer d’autres enfants comme moi, plurilingues, avec des noms bizarres, avec des langues en plus, mais votre CAFÉ BILINGUE n’avait pas encore été inventé!”

Ce sont des histoires comme celle-ci qui nous encouragent à poursuivre notre combat pour la reconnaissance du bilinguisme comme un atout pour tous les enfants de France, indépendamment des langues en jeu!
Quand on grandit avec deux, voire trois, voire plus de langues, le langage se construit différemment, et cette différence est souvent confondue avec difficulté ! Sans parler de toutes les autres idées préconçues auxquelles se trouvent confrontées des familles avec un patrimoine multilingue et multiculturel!

L’association Bilinguisme- Animation, Formation, Information (B A F I) qui est issue des premières rencontres informelles du Café Bilingue, a cet objectif- là: encourager et soutenir les parents dans leur éducation bilingue, aider les professionnels à reconnaître la différence linguistique comme un facteur d’épanouissement et de réussite pour tous les enfants.

Depuis les premiers Cafés Bilingues, des chercheurs et praticiens, eux-mêmes plurilingues et multiculturels, se sont joints à moi: qu’ils soient linguiste, psychologue, orthophoniste, pédiatre ou psycholinguiste, tous sont bénévoles et consacrent leur temps et leur énergie à l’association.
Grâce à eux, nos projets s’étoffent, nos actions se multiplient et s’étendent à d’autres villes.

Parent d’enfants bilingues, professionnel travaillant avec des enfants plurilingues, vous aurez l’occasion d’enrichir vos connaissances à Lyon, Nantes, Blois, Evry, Versailles et Paris.
Trouvez ici les détails des manifestations, et continuez à soutenir notre combat!

Valoriser les langues minorées

Publié le 29 septembre 2008, pas de réactions

LES LANGUES DES MIGRANTS

Les compétences linguistiques des migrants et des enfants de migrants pourraient être valorisées pour leur apport à la compétitivité des entreprises. Cette idée est cependant faussée par la minorisation des langues des migrants.

Question : comment valoriser et mieux utiliser les compétences linguistiques des migrants ?

La “minorisation” des compétences linguistiques des migrants a comme conséquence l’appauvrissement du patrimoine linguistique de la France à une époque où la diversité linguistique et culturelle est stipulée par le Conseil de l’Europe et où la promotion de l’apprentissage des langues est la pierre angulaire de la politique de l’Union Européenne en matière d’éducation.
Pour inverser cette tendance, il convient d’agir en amont, c’est-à-dire, en se questionnant sur l’accueil fait aux compétences linguistiques et langagières des enfants “issus de l’immigration” par l’école.

En France, on observe, d’une part, la valorisation d’un bilinguisme “des élites”, composé de langues internationales, et d’autre part, le désintérêt total pour un bilinguisme non reconnu en tant que tel, mettant en contact des langues socialement peu valorisées. Le contact avec ces langues “minorisées” est en outre souvent jugé préjudiciable pour les enfants concernés.

La recherche insiste depuis longtemps sur le rôle de la langue “identitaire” dans la construction de la personnalité, de même qu’elle insiste sur l’importance du maintien des compétences langagières dans la première langue, ciment indispensable du développement de solides compétences en français, langue seconde. La non-reconnaissance des ressources linguistiques et culturelles des enfants “issus de l’immigration”, nés en France ou récemment arrivés, contribue à “l’insécurité linguistique” (A. Bentolila) et son corollaire, la rupture des liens familiaux et la perte des repères identitaires.

Bien que l’institution scolaire ait pris conscience de l’échec du modèle républicain uniformisant - il ne garantit plus la résussite scolaire de tous les enfants - et propose de s’appuyer sur les ressources linguistiques et culturelles des enfants dans la constructions des savoirs, ses recommandations (cf. plusieurs B. O.) ne sont pas suivis d’effets, manque de moyens sur le terrain.

Ainsi, on continue à favoriser, dès l’école maternelle, l’assimilation linguistique au lieu de développer les compétences plurilingues des enfants sur la base de leurs langues familiales.
C’ est une erreur tant sur le plan linguistique et psychologique que politique.

Pour pallier le manque de moyens de l’école maternelle, c’est en dehors du temps scolaire, dans les centres de loisirs, les associations de quartier, les bibliothèques, qu’un travail de valorisation des langues familiales devrait être réalisé.

Ces actions doivent viser à:
Reconnaître les parents comme premiers éducateurs et leur langue d’origine comme un patrimoine culturel inaliénable qu’il s’agit de conserver

Encourager et soutenir les parents dans la transmission de leur langue en l’enrichissant jour après jour

Promouvoir la construction d’un bilinguisme harmonieux en renforçant l’utilisation de la langue familiale par des activités langagières en dehors du cercle familial. Selon de nombreuses recherches, le renforcement de la langue première améliore l’acquisition et la pratique du français, langue seconde.

Informer le parents et professionnels sur les enjeux du bilinguisme individuel

Former les professionnels à l’accueil des familles bi- ou plurilingues dans le respect de leur diversité

Réalisation des objectifs

Groupes mère-enfant d’éveil au langage en s’inspirant des initiatives existantes dans différents pays tels que Opstapje, Hippy, Rucksack (en Allemagne, Pays Bas, Israel, Amérique du Sud, Canada, etc)

Guidance parentale dans des groupes de réflexions- échanges de parents- professionnels

Ateliers d’éveil aux langues minoritaires
( jeux, chants, contes, comptines, activités culturelles)

(CONTRIBUTION DE B A F I AUX ASSISES DU PLURILINGUISME, 26 Septembre 2008
Publiée sur le FORUM ASSOCIÉ)

Septembre 08: BAFI sur internet

Publié le 8 septembre 2008, pas de réactions

B-A-F-I , association créée en octobre 2006, fait ses premiers pas sur internet

Sélection livres